pornographies abstraites 1994-2015

les pornographies abstraites : Série de peintures sur toiles à matelas donnant à voir de façon complaisante  l’historique des vagues successives de colonisation des différents fluides corporels dans nos lits. Détails obscènes dont l’image référencée n’est pas détectée par nos moteurs de recherche…

De bosses et de creux, la lumière danse sur les bosses du chameau

Futon trouvé dans la rue devant mon atelier à Villejuif au printemps 2014.
Je l’ai entreposé durant tout l’été. Le travail a débuté deux mois plus tard.
Les taches issues des fluides corporels ont été réservées, vernies pour les souligner bien plus que pour les neutraliser, sorte d’ archéologie de l’intime. La surface blanche restante a été recouverte d’un dessin labyrinthique, évoquant le parcours d’un insecte qui aurait creusé ses sillons au cœur d’une souche de bois mort.
Les taches ainsi marquées ont déformé le tissu, bosselé sa surface. Ces reliefs faits de bosses et de creux m’ont particulièrement intéressé car ils enrichissent et complexifient la perception visuelle frontale.
Le matelas a été travaillé à même le sol, dans sa mollesse. La toile a ensuite été découpée, à même le matelas, extraite comme une mue, puis tendue sur un châssis volontairement épais, rappelant l’épaisseur d’un sommier.

de bosses et de creux, 2014 (200 x 140)

de bosses et de creux, 2014
(200 x 140)

Face hiver, 1994-2014
Toile sur laquelle j’ai dormi quelques années. En 1994, dans un lieu industriel à Montreuil, la condensation générée par un chauffage au gaz, a facilité la prolifération de micro moisissures sur le tissu du matelas en son au dos.  Lorsque j’ai redressé le matelas pour l’aérer, le saisissement à la vue du dessin formé par les moisissures a été à l’origine de mes recherches sur le sommeil. Ici le processus entropique a été neutralisé avec de l’eau de javel, créant un effet de brûlure.  Cette toile a ensuite été conservée telle quelle, sans savoir qu’en faire… Durant l’été 2014, je cherche à affirmer son identité. J’ai pu alors la transposer dans une dimension picturale en appliquant des rehauts colorés reprenant les motifs du tissu. Les perforations sont issues d’une usure naturelle, et les interventions sont volontairement minimales, respectant les tons présents sur la toile.

Matelas - Usine Hydrex 1995

Olivier Peyronnet avec son matelas, Face Hiver dans son atelier Hydrex de Montreuil en 1995

face hiver, peinture sur toile à matelas, 1994-2014         ( 142 x 175 )

face hiver, 1994-2014, (142 x175) collection particulière